Pavillon au vent, dans un roulis il se cabre
Et tangue au rythme d’une mélopée macabre
Ainsi va ce vaisseau des dieux jadis béni
Aujourd’hui des hommes déserté et banni.
Mon pays, ce bateau ivre sans capitaine
Est au creux de l’aveuglement et de la haine.
Les fantômes de la guerre ressuscités
Les propos de fiel emplis ont droit de cité.
Terre d’accueil, de pardon, refuge des saints
L’on dit que Dieu en avait fait son dessein.
Mais, des pêcheurs en eau trouble, mécréans fourbes
De ce havre de paix enveniment la tourbe.
Mon peuple discourant dans sa tour de Babel
A coups de semonces, flopées de décibels
Ne s’entend plus, ne s’écoute plus, l’œil hagard
Saoulé de slogans, noyé de propos criards.
Tel l’oiseau de Phénix qui renaît de ses cendres
Mon Liban pour très sûr resurgira de l’ombre.
Alors tous ses fils réunis, réconciliés
De ce monument constitueront les piliers.
Aussitôt, de sa dérive, ce bateau ivre
De toutes chaines qui l’étouffaient se délivre.
Sortant de la houle vers de contrées lointaines
Il lève l’amarre avec à bord son capitaine.
SALEH Réda
21-02-08
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